6

Ainsi allèrent les choses, et, quand arriva ce matin de fête du vingt-cinq avril, je me mis sur mon trente et un sans que mes serviteurs aient eu à me le conseiller. Je revêtis un pourpoint en velours cerise et un haut de chausses de soie lavande, et j’enfilai des escarpins rouges de Cordoue que je n’avais encore jamais mis ou presque. Le tout était enveloppé d’un lourd manteau de laine destiné à étoffer la minceur de ma silhouette. Je dissimulai mon masque sous mon manteau, quittai la maison et me dirigeai vers les quais afin de tester mon déguisement auprès de mes amis. Peu avant d’arriver à leur barge, je sortis mon masque et l’ajustai sur mon visage. Orné de sourcils et d’une fringante moustache faits de cheveux véritables, il figurait le visage taillé à coups de serpe d’un marin tanné qui aurait arpenté toutes les mers du globe.

— Salut, Marco, dirent les garçons. Sana capàna.

— Comment ça, vous m’avez reconnu ? Je ressemble donc à Marco ?

— Hum... Maintenant que tu le dis..., lâcha Daniele, pince-sans-rire. Non, pas vraiment au Marco que nous connaissons. De quoi trouves-tu qu’il a l’air, Boldo ?

Impatient, je jetai :

— N’ai-je pas l’air d’un navigateur de haute mer qui a largement dépassé les vingt ans ?

— Eh bien alors..., commença Ubaldo, hésitant. Une sorte de petit navigateur, peut-être...

— Les rations à bord sont parfois maigres, avança Daniele, compréhensif. Ça pourrait avoir contrarié ta croissance.

J’étais on ne peut plus irrité. Quand Doris émergea à son tour de la cale et dit immédiatement : « Holà, Marco ! », je me retournai, rageur, prêt à montrer les dents. Mais ce que je vis me laissa pantois.

Elle semblait elle aussi avoir honoré la tradition du jour qui veut que l’on se transforme. Elle avait lavé ses cheveux auparavant quelconques, révélant leur agréable teinte paille dorée. Elle s’était nettoyé le visage et l’avait poudré jusqu’à lui donner ce teint blanc si attirant que toutes les Vénitiennes s’efforcent d’obtenir. Elle s’était aussi habillée en femme avec une robe de brocart taillée dans l’une de celles qui avaient jadis appartenu à ma mère. Doris tourna sur elle-même pour faire voleter ses atours et demanda timidement :

— Alors, comme ça, ne suis-je pas aussi belle et attirante que ton illustrissime dame d’amour, Marco ?

Ubaldo marmotta bien quelque chose au sujet de « toutes ces dames et tous ces gentilshommes de format ridicule », mais mon regard, à travers mon masque, s’était fixé sur un détail.

Doris insistait :

— N’as-tu pas envie de te promener avec moi, Marco, en ce jour de fête ?... Pourquoi ris-tu ?

— Tes chaussures.

— Quoi ? murmura-t-elle, et sa mine se décomposa.

— Je ris, parce que jamais une dame n’a porté d’aussi horribles tofi[10] de bois.

Elle parut blessée au-delà de toute expression et se retira à l’intérieur de la barge. Je m’attardai jusqu’à ce que les garçons m’eussent assuré (et fait croire à moitié) que personne ne me prendrait pour un enfant, hormis ceux qui me connaissaient déjà comme tel. Je les quittai alors pour me diriger vers la place Saint-Marc. Il était encore bien trop tôt pour que les participants fussent déjà dehors, mais Dona Ilaria, lorsque j’avais laissé traîner des oreilles indiscrètes, n’avait pas décrit le costume qu’elle comptait revêtir. Elle serait certainement aussi méconnaissable que je l’étais moi-même, aussi était-il crucial que je guette à sa porte sa sortie pour le premier bal.

Ainsi adossé, apparemment oisif, contre l’un des piliers de la place, tel un apprenti coupe-jarrets à l’air extrêmement stupide, j’aurais fort bien pu attirer sur moi une attention indésirable. Heureusement, je n’étais pas le seul sur la place à être accoutré de cette façon. Sous chaque arcade ou presque, un matacìn ou un montimbanco en costume installait son estrade, et, longtemps avant que la foule se fût amassée pour les entendre ou les voir, ils avaient commencé à faire montre de leurs talents. J’en étais ravi, car ils me donnaient un spectacle agréable à savourer tandis que j’attendais patiemment aux portes de la maison muette.

Les montimbanchi, enveloppés dans des robes pareilles à celles des médecins ou des astrologues mais largement enrichies d’improbables étoiles, lunes et autres soleils, tout saupoudrés d’éclatantes paillettes, se livraient à des tours de passe-passe ou de magie et à d’audacieuses jongleries afin de capter l’intérêt. Dès qu’ils avaient réussi à attirer l’œil d’un passant, ils commençaient à vanter en vociférant les incroyables vertus de leurs simples, herbes séchées, liquides colorés, poudre de champignon au lait de lune et autres denrées fantastiques. Les matacìni, plus resplendissants encore, le visage fardé d’un maquillage tapageur, dans leurs costumes à damier brillants du feu de faux diamants, tout rapiécés de façon fantaisiste, n’avaient rien d’autre à offrir que leur agilité. Aussi bondissaient-ils d’un bout à l’autre de leurs plates-formes, se livrant à d’étonnantes acrobaties ou à de sensationnelles danses du sabre, se contorsionnant dans des positions invraisemblables et jonglant avec des balles et des oranges, avant de circuler chapeau tendu parmi les spectateurs, le temps de reprendre haleine.

À mesure que la journée avançait, de plus en plus d’artistes vinrent se livrer sur la place à des exhibitions, flanqués de vendeurs de confettis, de bonbons ou de boissons rafraîchissantes, sous l’œil d’un nombre croissant de flâneurs pas encore parés de leurs habits de fête, pour la plupart. Après avoir regardé les tours d’un montimbanco ou écouté un castròn chanter une barcarolle sur un air de luth, ils s’écartaient pour se diriger vers un autre artiste dès que la vedette, son spectacle terminé, commençait à tendre son chapeau ou à vanter sa marchandise. Beaucoup de ces spectateurs ambulants passaient de l’un à l’autre et ne manquaient pas, au bout d’un moment, de venir se planter imperturbablement devant moi, toujours tapi sous mon masque, et de me lorgner, attendant que je me livre à mon tour à quelque fantaisie distrayante. C’était, je dois le dire, quelque peu agaçant, car je n’avais rien d’autre à faire que suer devant eux – cette journée de printemps étant plus chaude que ne l’aurait voulu la saison – en m’efforçant d’avoir l’air d’un serviteur posté là dans l’attente de son maître.

Les minutes de cette longue journée s’étiraient, interminables, et j’eus largement le temps de regretter de n’avoir pas loué un manteau plus léger. Les millions de pigeons imbéciles qui voletaient sur la place me donnaient des envies de meurtre, et je bénissais toute nouvelle diversion qui venait à se présenter. Les premiers citoyens à faire irruption dans des tenues tout sauf ordinaires furent les corporations d’arti en habit de cérémonie. Les médecins, coiffeurs, chirurgiens et apothicaires portaient de grands chapeaux coniques et des robes ondulantes. Les peintres et autres enlumineurs, ordinairement habillés de simples vêtements de toile, les avaient pour l’occasion parés de feuilles d’or et teints de couleurs chatoyantes. La confrérie des tanneurs et des corroyeurs, quant à elle, arborait des tabliers ornés de motifs qui n’étaient ni peints ni cousus, mais imprimés au fer, et ainsi de suite.

Quand toutes ces corporations de métiers se furent assemblées sur la place, le doge Ranieri Zeno sortit de son palais, dans un costume qui, pour m’être familier ainsi qu’à chaque Vénitien, n’en était pas moins assez somptueux pour n’importe quel jour de fête. Sa tête était couverte d’une coiffe blanche, la scufieta, et une cape d’hermine recouvrait sa toge dorée, dont la traîne était tenue par trois domestiques en livrée ducale. Derrière lui suivait le cortège des membres du Conseil et de la Quarantia, ainsi que les autres nobles et officiels, tout aussi luxueusement habillés. Un groupe de musiciens leur succéda, mais leurs luths, pipeaux et rebecs restèrent silencieux jusqu’à ce qu’ils eussent, d’un pas ample et mesuré, gagné le front de mer. La galère d’apparat dorée du doge, mue par quarante rameurs, glissa contre le môle juste à cet instant, et la procession s’y embarqua. Ce ne fut que lorsque le brillant navire fut lancé sur l’eau que les musiciens commencèrent à jouer. C’est toujours ainsi qu’ils procèdent, car ils savent que la musique acquiert une douceur indéfinissable en sautillant par-dessus les vaguelettes pour arriver jusqu’à nous.

À l’heure de la compieta, lorsque le crépuscule tomba et que les allumeurs de réverbères se mirent à arpenter la place, éclairant un à un les paniers torches suspendus sous les arches, j’étais encore en train de rôder près de la porte de Dona Ilaria. J’avais l’impression d’avoir passé là toute ma vie et me sentais sur le point de défaillir sous l’effet de la faim (n’ayant osé m’éloigner pour me rendre à l’étal d’un marchand de fruits), mais j’aurais été prêt à attendre ici le reste de mon existence s’il l’avait fallu. Au moins, à l’heure qu’il était, j’étais devenu moins voyant, la place s’étant remplie de monde et la quasi-totalité des promeneurs étant désormais grimés.

Quelques-uns dansaient sur la lointaine musique de l’orchestre du doge, d’autres chantaient à l’unisson du gazouillis des castròni, mais beaucoup se contentaient de jouir du spectacle qu’ils offraient dans leurs atours, tout en admirant ceux des autres. Les jeunes gens jouaient à se bombarder de dragées, de sucre glace ou de coquilles d’œuf remplies d’eaux parfumées. Les filles plus âgées transportaient des oranges, attendant de croiser un galant à qui elles pourraient en envoyer une. Cette coutume est censée commémorer l’orange offerte en cadeau lors du mariage de Jupiter et de Junon, et un jeune homme peut se vanter d’être un Jupiter particulièrement courtisé par sa Junon si celle-ci lui jette une orange assez fort pour lui occasionner un œil au beurre noir ou lui casser une dent.

À mesure que le crépuscule s’étendait, se leva de la mer le caligo, cette brume salée qui enveloppe si souvent la Venise nocturne. Je commençai à apprécier mon épais manteau de laine. Dans ce brouillard, les flammes qui dansaient au-dessus des paniers de fer accrochés sous les arches se mirent à ressembler à des globes de lumière au contour nimbé, suspendus dans l’espace comme par magie. Sur la place, les passants semblèrent bientôt se mouvoir telles des taches de brume, à peine plus sombres et plus compactes que le fond voilé sur lequel elles évoluaient et ne se révélant plus nettement que lorsqu’elles glissaient entre moi et l’une de ces sphères de lumière diaphane. En cet instant, leurs silhouettes généraient des ombres extravagantes, taillant, telles de noires épées, le gris de l’air humide. Ce n’est que lorsqu’un flâneur, homme ou femme, passait tout près de moi qu’il semblait devenir brièvement solide, pour se dissoudre aussitôt, l’instant d’après. Comme surgi d’un rêve, un ange se matérialisait soudain, jeune fille aux yeux rieurs enveloppée de gaze et de guirlandes, qui subitement se muait en une créature de cauchemar, Satan au visage verni rougeoyant et hérissé de cornes.

Brusquement, la porte s’ouvrit derrière moi, déchirant le brouillard gris de l’éclatante lumière d’une lampe. Je me retournai et découvris, découpées sur la clarté aveuglante, deux silhouettes qui s’avérèrent être ma dame et son mari. Si je n’avais pas été posté à l’entrée de la maison, je n’aurais pu les reconnaître, ni l’un ni l’autre. Lui était grimé sous les traits d’un des classiques des grandes mascarades de Venise, le médecin comique que l’on appelle docteur Balanzòn. Ilaria, quant à elle, s’était si bien déguisée que je ne pus, dans l’immédiat, identifier au juste en quoi. Une mitre blanche et dorée couvrait le bronze de sa chevelure, un loup de velours noir lui masquait les yeux, et plusieurs couches de vêtements sacerdotaux – une aube, une chasuble, une chape et une étole – donnaient à sa fine silhouette la forme d’un dôme courtaud. Je réalisai alors que le costume qu’elle avait revêtu était celui de l’antique papesse Jeanne[11]. Cet habit avait dû lui coûter une fortune, et je craignais fort qu’il ne lui valût une lourde pénitence, si d’aventure un clérical convaincu venait à la croiser dans cette tenue provocante de pape femelle.

Tous deux traversèrent la place dans une véritable marée humaine et n’hésitèrent pas à entrer dans l’esprit de la fête : elle, éparpillant les confettis à la façon d’un prêtre qui asperge les fidèles d’eau bénite, lui, les distribuant d’un geste pondéré tel un médecin en train d’administrer ses potions. Leur gondole les attendait du côté lagune, et ils y embarquèrent, se dirigeant bientôt vers le Grand Canal. Après un instant de réflexion, j’abandonnai l’idée de louer un bateau pour les suivre. Le caligo était à présent si dense que tous les navires se mouvaient sur les eaux avec la plus grande précaution, longeant les bords de tout près. Il était ainsi facile pour moi de garder ma belle promise en vue et de la guetter en trottant le long des allées adjacentes aux canaux, quitte à attendre un instant sur un pont, de temps à autre, pour repérer la direction qu’ils emprunteraient aux divers embranchements. Je parcourus un certain nombre de kilomètres à pied ce soir-là, car Ilaria et son conjoint ne cessèrent de sortir d’une maison muette pour entrer dans un palais, et vice versa. Je passai encore plus de temps comme planton, patientant devant ces divers endroits dans la seule compagnie des chats en maraude, tandis que ma dame, bien au chaud, jouissait des plaisirs de la fête.

Tapi dans ce brouillard à la senteur saline, à présent si épais qu’il se condensait, s’écoulait des avant-toits, des arches et jusqu’au bout du nez de mon masque, j’entendais du dehors les échos assourdis de la musique et m’imaginais Ilaria dansant la furlàna. Je me penchais sur des murs de pierre glissants, ruisselants d’eau, scrutant avec envie les vitres derrière lesquelles rougeoyaient dans l’obscurité des chandelles. Je m’asseyais sur les froides et humides balustrades des ponts et, dans le gargouillement de mon ventre vide, je me figurais mon Ilaria grignotant délicatement des pâtisseries scalete et des petits pains au lait frits façon bignè. Debout, je tapais des pieds pour éviter qu’ils ne s’engourdissent et me remis à maudire mon manteau, chaque minute plus lourd à porter, plus glacé et mouillé à la fois, et qui maintenant traînait à mes talons. Quoique trempé, je redressais vaillamment la tête, m’efforçant d’avoir l’air d’un innocent noceur, chaque fois que d’autres fêtards masqués émergeaient du caligo et me lançaient des saluts éméchés – un bouffon jacasseur, un corsaire roulant des épaules et trois garçons occupés à faire les marioles, tels les trois M : le médecin, le musicien et le malade mental.

Les nuits de fête, on ne sonne pas le couvre-feu sur la cité. Cependant, alors que je dégoulinais cette nuit-là devant le troisième de mes quatre palais, j’entendis toutes les cloches sonner complies. Comme si cela avait représenté pour elle un signal, Ilaria se glissa hors de la salle de bal pour se diriger droit vers l’endroit où je gisais, ramassé sur moi-même, dans une alcôve du mur de la maison, totalement emmitouflé dans ma cape et ma capuche. Elle portait toujours son déguisement de papesse, mais elle avait ôté son loup.

— Mon chéri, tu es là, susurra-elle sur le ton doux que prennent entre eux les amants, tandis que, pétrifié sous le choc, je demeurais rigide telle une statue.

Tandis qu’elle se penchait sur les plis de ma capuche, je pus sentir sa respiration légèrement parfumée à la liqueur de noisette, et elle me murmura :

— Ça y est, la vieille chèvre est enfin saoule, elle ne me pourch-chassera plus... Dio me varda ! Qui êtes-vous ?

Elle recula brusquement, l’air effrayé.

— Mon nom est Marco Polo, dis-je. Je vous ai suivie.

— C’en est fait de moi ! cria-t-elle d’une voix si perçante que je craignis qu’un sbiro ne survînt. Vous êtes son bravo, n’est-ce pas ?

— Non, mais non, gente dame !

Je me levai précipitamment et ôtai ma capuche. Mon masque de bourlingueur l’ayant également alarmée, je l’ôtai aussi.

— Je ne suis rien d’autre qu’à vous !

Elle eut un nouveau mouvement de recul, les yeux agrandis par l’incrédulité.

— Mais vous êtes un enfant !

Je ne pouvais nier l’évidence, toutefois, une nuance me semblait nécessaire :

— Oui... mais j’ai l’expérience d’un homme mûr, dis-je très vite. Je vous ai aimée et désirée dès le premier instant où je vous ai vue.

Ses yeux s’étrécirent, tandis qu’elle m’examinait plus attentivement :

— Que faites-vous donc ici ?

— J’attendais, bredouillai-je, de mettre mon cœur à vos pieds, mon bras à votre service et ma destinée à votre discrétion.

Elle sembla nerveuse.

— J-j’ai déjà assez de pages. J-je n’ai pas besoin de louer...

— Pas à louer ! déclarai-je, solennel. Je suis prêt à vous servir, madame, par pur amour et pour toujours.

J’aurais certes espéré là un regard pâmé de reddition, aussi celui qu’elle m’accorda ne fit-il que m’exaspérer un peu plus.

— Mais enfin, l’heure des complies a bien sonné, n’est-ce pas ? insista-t-elle. Où est donc... ? J-je veux dire, vous n’avez vu personne d’autre, ici ? Étiez-vous seul ?

— Non, il ne l’était pas, répondit une autre voix d’un ton très calme.

Je me retournai pour constater avec horreur qu’une pointe d’épée on ne peut plus proche menaçait ma nuque. Elle disparut prestement dans le brouillard, mais j’avais eu le temps de distinguer l’éclat froid et mouillé d’une lame d’acier qui s’évanouit sous la cape de celui qui la maniait. Je crus un instant reconnaître la voix de ce prêtre que fréquentait Ilaria, mais les prêtres ne portent point l’épée. Avant qu’elle ou moi puissions articuler un mot, la silhouette encapuchonnée murmura de nouveau :

— Je vois à vos vêtements de ce soir, madame, que vous êtes d’humeur moqueuse. Eh bien, soit, vous serez moquée à votre tour. Ce jeune intrus désire être le bravo d’une gente dame et se dit prêt à vous servir juste par amour, plutôt que pour de l’argent. Qu’il le fasse donc ! Ce sera la pénitence de l’insolence de votre accoutrement.

Ilaria se récria, outrée :

— Suggérez-vous que... ?

— Vous êtes pardonnée. Je vous absous d’avance de ce qui se produira. Lorsque le principal obstacle sera abattu, si un moindre se dresse, il sera aisé de l’éliminer...

Sur ces mots insolites, la forme surgie de la brume s’y fondit de nouveau et disparut. Je n’avais aucune idée de ce qu’avait voulu dire cet étranger, mais, ayant vaguement cru comprendre qu’il s’était exprimé en ma faveur, je lui en sus gré. Je me retournai vers Ilaria, qui semblait me considérer d’un air d’évaluation affligée. Elle glissa une fine main dans sa robe et en sortit son masque, qu’elle porta devant ses yeux comme pour en dissimuler l’expression.

— Votre nom est... Marco, n’est-ce pas ? (J’inclinai la tête et marmonnai une confirmation.) Vous dites que vous m’avez suivie. Vous savez donc où j’habite ? (J’admis également que oui, à voix basse.) Revenez me voir demain, Marco. Porte des domestiques. À l’heure des secondes vêpres. Ne me décevez pas, surtout.

Marco Polo 1 - Vers l'orient
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